L’Estuaire de la Gironde : terre de vignes et de carrelets

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Je reprends enfin ma plume après de longs mois sans sorties et j’ai grand plaisir à vous retrouver. Je vous espère tous en bonne santé.

En ces temps troublés, nous avons longuement hésité à prendre la route et à définir une destination que nous estimions la plus sûre. Nous avons un temps renoncé à notre projet initial et envisagé la montagne dans les Alpes de Haute Provence. Puis finalement l’Estuaire de la Gironde s’est imposé, il était notre premier choix et il ne nous a pas fait défaut. Il a donc fallu cette année ajouter à la liste des vacances gel hydroalcolique et masques et se préparer à une atmosphère estivale quelque peu ternie.

Les premiers tours de roues nous ont apporté du baume au coeur. Que la route nous a manqué ! Cette sensation de liberté, de rouler vers l’inconnu avec enthousiasme et impatience ! Nous nous réjouissons d’autant plus que nous ferons étape à Toulouse pour enfin serrer dans nos bras notre fille que nous n’avons pas revue depuis février.

Nous choisissons de programmer le GPS pour une route sans péage donc sans autoroute et bien nous en a pris ! L’itinéraire que nous empruntons est beaucoup plus agréable par la route et nous touchons du doigt des régions déja visitées et tant appréciées : l’Aveyron, le Périgord, Le Lot…qui nous laissent comme une envie de revenir. Enfin nous arrivons. Nous nous installons au camping afin de ne pas se compliquer la vie avec le stationnement du camping-car. Notre fille nous rejoint et se seront trois jours de bonheur.

Il est temps d’entamer notre circuit. Comme je l’indiquais dans le titre, les vignes seront omniprésentes durant tout notre séjour; nous commencerons donc par celles de Sauternes. Sur le conseil d’une tante qui vit dans la région et que nous passerons voir ensuite, nous voulons nous rendre au Château de Roquetaillade, après nous être installés dans un France Passion de rêve. Entièrement sous les chênes, l’espace qui nous est attribué est spacieux, au bord des vignes et nous sommes seuls. Nos hôtes sont adorables et la dégustation de leur sangria au Sauternes nous aura conquis ! soirée avec vue sur les vignes.

oh que c’est bon de se réveiller en vacances ! Les vélos électriques sont déja descendus et nous sommes prêts à les enfourcher pour le petit trajet qui nous permet de relier le château.

C’est un château qui est dans la même famille depuis 7 siècles même s’il a changé de nom puisqu’il se léguait par les femmes. Il fut d’abord un simple donjon en bois avant de devenir un chateau fort défensif, puis transformé à la Renaissance pour le rendre habitable plus confortablement. Viollet le duc interviendra sur les travaux d’embellissement en construisant un superbe escalier qu’il n’avait pas pu construire à l’Opéra de Paris puisque comme vous le savez ce fut Garnier qui s’en chargea. On peut admirer plusieurs pièces meublées car il est encore habité par la famille cependant les photos sont interdites. La visite nous aura enchantée, notre guide s’étant révélée très intéressante.

Après déjeuner, deuxième visite de la journée.  Nous reprenons les vélos et parcourons par la piste cyclable le trajet qui nous mène à Saint Macaire, petite cité médiévale du sud Gironde. C’était une cité marchande qui a prospéré au moyen-âge, puisqu’elle avait le “privilège des vins” c’est à dire les droits de péage sur le vin cadurcien. Comme à notre habitude, nous nous laissons guider par nos pas à travers ses ruelles, un petit stop sur le “Mercadiou”, place aux arcades malheureusement envahie de voitures en stationnement, un clin d’oeil au lavoir, quelques jolies maisons et vous aurez fait le tour de ce charmant village.

De retour au camping-car nous savourons la fin d’après-midi. Petit arrêt chez la tantine et poursuite de l’aventure.

Nous programmons le GPS car nous projetons de nous rendre à Gujan-Mestras pour s’imprégner de l’ambiance du bassin d’Arcachon. Au programme, visite des cabanes ostréicoles, dégustation d’huitres et respiration des embruns. La route sillonne au milieu des vignobles du Médoc où se dressent fièrement les châteaux viticoles entourés de leurs domaines à perte de vue.

Quel spectacle que cette “mer” de vignes sans fin avec en son centre, comme un ilôt, sa batisse qui veille sur ses raisins. Là, nous sentons la richesse des domaines et la fierté de posséder de la terre.
Après quelques petites recherches, je déniche une aire de services sur Gujan-Mestras, tenue par un camping-cariste qui a réussi à convaincre la commune de lui allouer un terrain afin de proposer une aire d’accueil pour les camping-caristes. Elle est très bien faite et très bien située : à quelques encablures du centre par la piste cyclable qui passe derrière, de l’ombre, deux postes de vidange, la location de voitures électriques, du pain et malgré sa situation sur la base de loisirs, calme la nuit pour 10 € avec l’électricité. Ce sera parfait!
En ce 14 juillet, nous prenons les vélos et gagnons le port de Larros afin de déambuler le long des cabanes d’ostréiculteurs. L’endroit est plein de charme, ça sent bon la mer, l’ambiance est là malgré le peu de foule et les masques !

L’envie est trop forte et nous répondons à l’appel de l’huître. Nous optons pour une cabane avec une petite terrasse à l’arrière et vue sur le bassin. Quel accueil et quel festin ! Le personnel est adorable, les fruits de mer et le petit vin qui les accompagne sont à tomber, le décor de rêve. Bref vous voyez le tableau ! n’hésitez pas si l’envie d’une dégustation vous prend, je recommande +++! Cabane Cayouckette -producteur-ostréiculteur.

Nous reprenons les vélos et poursuivons notre découverte du coin en décidant de longer le bord de mer par un sentier que nous pourrions emprunter à vélo. Après quelques hésitations, nous finissons par le trouver et la courte balade est dépaysante et vivifiante.

Il est temps de retourner au cc.

Quelques courses de ravitaillement et nous voila le long de l’estuaire. Nous collons le plus possible au littoral et n’hésitons pas à prendre des petites routes qui nous amènent sur ses rives.
Nuit France Passion à Macau (euh pas la chinoise, hein!) à côté du port et de la guinguette, pause déjeuner qui fut une belle surprise sur une aire pique-nique au bout d’un chemin improbable à la hauteur de Fort Médoc, arrêt au phare de Richard pour encore une belle surprise. Le lieu est très agréable avec son phare qui se visite, ses carrelets tout le long de la berge, son petit snack qui nous confirme que l’on peut dormir ici ce soir. Chouette ! Nous décidons de déguster les gambas persillées qu’ils proposent et ce fut un délice ! Coup de coeur pour ce petit endroit !

Belle et douce nuit, nous arrivons sur la fin de notre cheminement le long de l’estuaire avec une étape à Soulac s/mer. Très jolie petite station balnéaire connue pour ces maisons belle époque. Le stationnement se révèle compliqué car des travaux sont en cours et les parkings du front de mer sont en plein soleil. Nous voulons préserver notre petite chienne et cherchons toujours un stationnement le plus possible à l’ombre. Nous continuons donc notre recherche, les campings du coin étant particulièrement chers. Nous réfléchissons également à l’organisation du week-end qui se profile car nous voulons aller visiter le phare de Cordouan. La réservation, covid oblige, est absolument nécessaire car le nombre de visiteurs est limité. Nous choisissons l’horaire de marée qui nous convient le mieux et ce sera dimanche matin.
Nous finissons par dégoter un parking complétement sous les arbres, à coté du terrain de pétanque, avenue du Général de Gaulle. Bingo ! Après déjeuner, les vélos sont prêts à nous mener visiter l’église Notre Dame de la fin des terres, classée patrimoine mondial de l’Unesco. Un peu déçus je l’avoue, nous ne lui avons rien trouvé de bien remarquable…Nous partons à la chasse aux maisons belle époque que nous avons aperçues lors de notre recherche de parking. Des rues entières de ces “demoiselles” s’offrent à nous. Elles sont de toute beauté et donnent un charme particulier à cette station. C’est un régal pour les yeux !

Levés tôt, armés de nos sacs à dos, jumelles et appareils photos, nous prenons, à vélos, la direction du port  pour l’embarquement sur la navette. Le phare se trouve en pleine mer et n’est accessible qu’à marée basse. Il est le plus ancien des phares français encore en activité et est classé monument historique depuis 1862. Sa construction a débuté sous Henri III qui mourra avant son achèvement de même que son architecte Louis de Foix. Haut de 67,50 m, c’est l’unique phare de prestance royale de France même si aucun roi n’y a jamais mis les pieds, tout était fait pour l’accueillir. Il est de plus le seul phare à abriter une chapelle.
Pour se rendre sur l’ilôt rocheux sur lequel il repose, il faut descendre du bateau et soit finir à pied, soit embarquer, comme nous, dans un chaland qui nous y conduit avec moult soubresauts. Cette “sentinelles des mers” se mérite !

Nous découvrons d’abord les logements des gardiens qui habitent encore le phare : ils sont deux qui se relaient par semaine ou par quinzaine. La pierre calcaire est omniprésente et lui confère sa majesté. La chapelle malheureusement est en restauration.  La vue évidemment est époustouflante une fois que l’on a monté les 301 marches.

Nous avons passé un excellent moment mais notre préférence reste pour celui de l’Ile Vierge que nous avions visité lors de notre dernier circuit en Bretagne ici .

De retour au cc et quelques caresses à notre sage Guinness, nous profitons de la fin d’après-midi pour un peu de lecture et de détente.

Il est temps de prendre le bac afin de poursuivre notre découverte de l’estuaire en passant sur sa rive opposée. La traversée se fait en une vingtaine de minutes, coûte 50 € pour un camping-car et deux personnes, le véhicule est laissé en soute et les passagers montent sur le pont à l’air libre. L’arrivée se fait à Royan. Nous débarquons et filons sur Saint Palais sur mer où nous avons repéré un camping qui nous permettra de nous rendre à Royan en vélo car le maire ne nous aime pas et le stationnement y est très réglementé. Nous voulons également profité de découvrir St Palais et son sentier côtier. Le camping du domaine de Bernezac nous conviendra. L’accueil est sympathique, nous obtenons une place à l’ombre car il commence à faire très chaud, un petit tour à la laverie du camping sera nécessaire.  Cependant les tarifs sont toujours aussi élevés ! cherchent-ils à compenser le manque à gagner du confinement…

Le temps est splendide et nous nous engageons sur le sentier des douaniers. Nous longeons le bord de mer et après nous être engagés sur un espace rocheux pensant déboucher sur la plage (raté !) nous rebroussons chemin et le récupérons un peu plus loin. Les points de vue se multiplient et sont de toute beauté jusqu’à ce que nous arrivions au pont du diable. On se demandait combien il pouvait bien y en avoir en France : on en voit partout de ces ponts du diable ! la mer a creusé un trou dans la roche créant une arche sur une petite plage habillée de carrelets. Très joli petit coin! Il fait très chaud et nous choisissons de commencer à rebrousser chemin. Au retour nous constatons que la plage est bondée et nous faisons la réflexion d’avoir eu raison de ne pas la fréquenter. Vu que nous ne sommes pas de grands amateurs cela ne nous manque pas vraiment…

Nous abandonnons la visite de Royan qui ne nous fait pas trop envie…

Sur le conseil de la gérante du camping, nous ajoutons à notre circuit le village de Mornac s/Seudre qui nous éloigne très légèrement de l’estuaire mais qui parait-il vaut le détour.

Effectivement coup de coeur pour ce village et ses artisans !  Les devantures des boutiques (particulièrement celle des objets solaires),le petit port ostréicole, accolé au marais, soumis aux marées, sa halle abritant un minuscule marché, contribuent à sa place dans la liste des plus beaux villages de France. C’est aussi un arrêt du célèbre petit train des mouettes : tiré par sa locomotive classée monument historique, âgée de 129 ans, ce dernier propose une promenade à toute vapeur, cheveux au vent.

Il existe deux parkings sur le village donc aucun problème de stationnement, cependant nous ne sommes pas enclin à rester dormir. Après un peu de recherche, nous dégotons une aire camping-car privée à seulement 7 kms dans le village de Chaillevette qui se révélera un petit coin de paradis. Tenue par un sympathique particulier, vous trouverez sur place de beaux emplacements ombragés sur l’herbe, des plats cuisinés à emporter,  livraison de pain,  les services, la possibilité d’emprunter une voiture, l’électricité  (tarif : 10€) et en bonus vous pouvez regarder passer le train des mouettes . Rassurez-vous je ne touche rien sur ce bon plan mais c’est suffisamment rare pour être signalé ! Nous voulions profiter de la lumière de la fin de journée sur le village, du coup nous avons enfourché les vélos pour diner au village. Le retour au couchant fut un moment de pur bonheur pour moi…

Suite de notre circuit. Prochaine étape : Meschers sur Gironde.

Nous nous garons sur l’aire de Meschers. Pas particulièrement folichonne, elle a le mérite d’être bien située. Cependant nous essuierons deux soirs de fiesta : une dans le camping proche et une autre dans le port. Mais bon, c’est les vacances on se reposera demain…

C’était sensé être pour moi un point fort de notre escapade avec la visite des grottes de Régulus. C’est une des raisons qui avait motivé mon choix sur cette région. Mais le coronavirus est passé par là et grosse déception : elles n’ont pas été rouvertes !! Nous profiterons d’un accès aux carrelets pour descendre le long de la falaise pour en observer quelques unes en libre accès. Mais je suis décue ! d’autant plus que je ne comprends pas pourquoi vu que tout est rouvert partout ! Dommage….

Ce matin le beau temps est toujours de la partie et nous avons prévu de nous rendre au joli village de Talmont par la piste cyclable qui longe l’estuaire depuis Meschers, juste au bout de la rue de l’aire de cc. Et quelle balade !! j’ai adoré ! Ambiance marais et ses oiseaux, ornithologues en observation, carrelets dressés fièrement, odeurs d’embruns, plages recouvertes de bois flottés, et au loin l’église de Talmont sur son promontoire comme point de mire !

Nous attachons les vélos et nous dirigeons vers l’entrée du village. Encore un coup de coeur ! Le village est splendide avec toutes ses fleurs, entouré d’eau, et ses maisons blanches aux volets bleus, ses vitrines d’artistes, et son église romane du XIIe siècle accompagnée à ses pieds de son cimetière marin. Il mérite amplement sa place dans la liste des plus beaux villages de France . A noter également qu’ils organisent tous les mardis soirs de Juillet et Août une soirée bougies où l’on visite le village en nocturne. ça doit être chouette…!

Nous déjeunons sur place au restaurant de ” l’âne culotté”.  Malgré une attente un peu longue, nous nous sommes régalés ! Nous quittons à regret ce magnifique endroit mais je me réjouis de faire en sens inverse le sentier du littoral. Je m’arrête devant un panneau d’information pour en apprendre un peu plus sur la pêche dans l’estuaire. J’apprends entre autres que les maigres du golfe de Gascogne se reproduisent à l’embouchure de la Gironde entre Meschers et Mortagne. Au cours de leur période de frai, soit entre fin mai et fin juillet, a lieu la pêche “à l’écoute” (on dit aussi “à l’oreille”) : les pêcheurs écoutent le “chant” des mâles afin de les localiser. Amusant !

Ce matin je reprends mon atlas routier pour localiser notre prochaine destination : Mortagne sur Gironde. Il existe une aire sur le port, juste à côté des cabanes,  plutôt sympa surtout si l’on va bien tout au fond. Mais ce soir est prévue la fête des dites cabanes et il est attendu 200 personnes ! Je ne risque pas de rester en présence de tout ce monde. sont-ils inconscients ? Apparemment ils ont réduit le nombre, d’habitude ils sont plus de 400 ! Nous savons qu’un France Passion se trouve juste à la sortie du village ce sera parfait pour ce soir. Mais en attendant nous réservons la visite de l’ermitage pour le lendemain car nous avions oublié d’anticiper cette démarche et nous ne pouvons la faire aujourd’hui. Après avoir déjeuné d’une douzaine d’huitres délicieuses prises aux cabanes, petite déambulation dans le port puis nous nous dirigeons chez notre viticulteur accueillant. Nous passons un excellent moment lors de la dégustation. Nos hôtesses sont extrêmement sympathiques et le petit couple en van qui s’est joint à nous aussi. Un peu de vie sociale et de convivialité fait du bien tout en veillant aux gestes barrières évidemment !

Nuit super calme après un superbe coucher de soleil sur les vignes !
Nous redescendons au port en prévenant nos hôtes que nous reviendrons le soir même tellement nous sommes bien !  Notre rendez-vous a lieu devant la grille de l’Ermitage en début d’après-midi. Nous nous y rendons à pied depuis l’aire. Notre guide arrive sur ces entrefaites. Sa verve, son érudition, sa passion nous enchanterons durant toute la visite. Je pense que sans lui ce site n’aurait pas d’âme…La visite des grottes de l’Ermitage est agréable, la vue du haut de la falaise jusqu’à l’Estuaire enchante nos yeux mais le clou du spectacle est la chapelle monolithe ! C’est la plus petite d’Europe et nous sommes subjugués ! La lumière y est unique grâce à un procédé de défragmentation de celle du soleil qui rentre par la petite fenêtre et qui fait en sorte que l’ombre ne bouge pas. Superbe ! Nous aurons passé un moment vraiment unique. Quel beau souvenir nous venons d’emmagasiner !

Le lendemain la route nous appelle et nous la reprenons après un petit arrêt pour une jolie vue sur le port.

Quelques kilomètres sont vite avalés pour nous amener à la citadelle de Blaye. La canicule sévit et nous sommes à la chasse à l’ombre que nous trouvons sur un parking sous les arbres à côté du départ du bac et à deux pas d’une entrée de la citadelle.

Ce complexe militaire en forme d’étoile est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle conserve intact le système défensif mis en place par Vauban et offre quelques jolis panoramas sur l’estuaire. Des artisans et quelques restaurateurs ouvrent leurs boutiques aux visiteurs. La visite guidée des souterrains ne nous intéresse pas trop. Nous passons d’arbres en arbres à la recherche de l’ombre et ne nous attardons pas trop.

Nous repérons un France Passion un peu éloigné mais qui propose une culture de la vigne en biodynamie que nous ne connaissons pas et qui produit de la saugée et de l’hypocras, deux vins médiévaux que nous voulons goûter. Nous choisissons donc de nous y rendre. Nous nous garons le long du batiment et cela donne un drôle d’effet vu des fenêtres du cc. Amusant !

Notre hôtesse nous propose une visite-dégustation en fin d’après-midi avec deux autres personnes. Elle nous explique ce qu’est le principe de la biodynamie. C’est un courant de pensée initiée par Rudolf Steiner qui prône une culture de la vigne sans aucun produit chimique, aucun stress sur la vigne et considérant la nature comme un tout et même l’influence planétaire. La vigne est protégée de ses parasites par un brassage dans de l’eau tiède de plantes cueillies sur leur propriété, de bouse de vache mise en terre dans une corne pendant l’hiver pour être transformée en humus, de quartz. La vigne n’est pas taillée, elle est laissée libre dans son développement. Les produits issus de l’agriculture biodynamique sont certifiés par la marque Demeter, qui garantit le respect des pratiques biodynamiques grâce à des cahiers des charges et un contrôle rigoureux.
La proprieté est dans la famille depuis plus de 200 ans et ils ont gardé du matériel utilisé par le grand-père et l’arrière grand-père dans un tout petit musée, le vieux chai avec ses énormes barriques est toujours là et abrite une colonie de chauve-souris qui la nuit chassent les parasites de la vigne de façon naturelle. Quelle visite instructive ! La dégustation fut agréable et nous avons fait quelques achats.

Vient le moment de notre dernière étape : Saint Emilion. Nous nous gardons quelques jours pour repasser par Toulouse profiter encore un peu de notre fille…
C’est un village que j’attends de visiter depuis longtemps. Nous savons qu’il existe une aire à l’entrée du village, nous passons d’ailleurs devant mais nous lui préférons le France Passion à peine plus loin au calme sur un très joli emplacement et avec là encore une charmante hôtesse.

Juste avant de s’installer nous avons fait les pleins au camping à côté et nous avons eu la surprise de se trouver face à face avec ce système que nous ne connaissions pas. Nous ne l’avons pas essayé mais la prochaine fois c’est sûr !

La pluie s’est invitée et nous attendons qu’elle s’éloigne à l’abri dans le cc. L’éclaircie pointera le bout de son nez en fin d’après-midi et nous allons au village avec les vélos. Le fait qu’ils soient électriques nous poussent à les utiliser beaucoup plus facilement et plus souvent car nous ne craignons pas les côtes ni la fatigue. C’est top ! Je ne pourrais plus m’en passer….

Saint Emilion tient ses promesses ! Village entièrement consacré au vin, surplombé de sa tour, chargé d’histoire, abritant la chapelle monolithe souterraine la plus vaste d’Europe se découvre en foulant ses pavés, en se perdant dans ses ruelles. Au hasard de ses rues, on découvre un restaurant autour du lavoir, une expo d’animaux en métal originale, un cloitre superbe à côté de son église et un autre où l’on peut pique-niquer, on croise un tuk-tuk (attrape-touriste), on admire dans la même ruelle sa halle et sa maison à colombage du XVIe. Wahou ! Pour revenir sur l’église, nous sommes surpris de constater que l’on ne brûle pas un cierge pour la prière mais l’on plante un clou, très original !

Nous restons deux jours afin de bien nous imprégner du village et bien prendre le temps de visiter avant de reprendre la route de Toulouse.

Encore de beaux instants passés auprès de notre fille et une visite du couvent des célestins,

une pause en Aveyron chez un ami qui nous fera admirer un des plus beaux panoramas que l’on ait vu dans le village de Montclar

et nous voila rentrés à la maison.

Est-ce l’effet déconfinement ou un programme plus doux mais nous aurons particulièrement apprécié ce voyage en Gironde. Nous y avons pris le temps de vivre, avons renoué avec la foule (mais pas trop ! ), sans souci de stationnement, fait de belles rencontres France Passion, apprécié les paysages entre fleuve et vignes, goûté du bon vin. Bref encore un bon cru que ces vacances 2020 !

12 Responses

  1. Brigitte

    Merci pour ce beau reportage et ce partage d’endroits et de ressentis . Et ces très belles photos . Merci, c’est toujours un plaisir de vous lire .

  2. DOMINIQUE SALADIN

    bonjour Agnès,
    ravie de te lire à nouveau,
    c’est un endroit que nous avons parcouru, il nous faudra peaufiner car il est vrai que c’est splendide.
    Pour nous c’était les Hautes Alpes et les cols … peu de monde et des vues magnifiques.
    A très bientôt.

    • Agnès

      Nous avions aussi pensé à la montagne mais un peu plus bas. mais aucun regret ! l’Estuaire valait le coup ! Merci de ta fidélité.

  3. CATALANE

    Quel plaisir j’ai eu de vous suivre pendant tout votre périple, plaisir et aussi … chagrin, car c’est une région où nous allions régulièrement avec mon mari. Notre C.C. était habitué du coin, et pas besoin de GPS. Mais cela m’a fichu le bourdon, mais tu as dû le savoir Agnès, mon mari est décédé et … j’ai vendu le C.C. Il est parti il y a 3 semaines. Dur, dur. Mais bon, ainsi va la vie. Cela ne m’empêche pas de sortir et de voyager, mais bon … Continuez et surtout profites bien.

    • Agnès

      ah non je n’ai pas su…Je suis bien triste pour toi…je comprends comme cela doit etre dur de perdre son compagnon de vie et de voyage. C’est bien si tu continues de sortir et de voyager. Merci d’etre passée !

  4. Franck

    Hello Agnès,
    Cela fait bien plaisir de te relire, et de pouvoir admirer de nouveau tes belles photos de ce secteur qui nous est très familier…
    Quel bonheur de ressortir nos escargots pour s’échapper et s’aérer la tête !
    Un regret tout de même dans ton escapade, tu aurais du nous faire signe, cela aurait été un réel plaisir en tant que local de vous retrouver pour boire un p’tit verre 😉, ce sera pour la prochaine fois !

    • Agnès

      oh si j’avais tilté que tu étais dans la région nous serions venus vous saluer avec plaisir ! dommage… La prochaine fois sans faute ! Merci de ta fidélité !

  5. M@rtine

    Ravie de te retrouver !! et quel plaisir de revoir des endroits de cette région où l’on a souvent passé de merveilleuses vacances par contre Toulouse je ne connais pas mais c’est au programme…tes photos sont magnifiques les reflets …waouh j’adore à bientôt pour de nouveaux récits

  6. Martine

    Ah zut, pas reçu de notification, bon, me voilà quand même pour mon plus grand plaisir !
    Quel chouette périple ! Toute la première partie, uniquement des lieux qui me sont inconnus. Et se rendre compte qu’après toutes ces années de balades en ccar, il nous reste encore tant de magnifiques endroits à visiter…
    À partir de Meschers, nous avons eu le plaisir de nous y balader, revoir les carrelets que j’adore, les magnifiques village de Talmont, Mortagne, Saint-Émilion, un pur bonheur ! La France est si belle ! Et que dire de tes photos paradisiaques, je suis toujours aussi fan !
    Bon, les Alpes de Haute-Provence ce sera pour une prochaine fois j’espère.
    Ta fille à Toulouse ? Oh je compatis, pas facile d’être séparés mais quel bonheur de se retrouver !
    Il me reste à te féliciter et à t’envoyer plein de bises virtuelles.

    • Agnès

      J’ai toujours autant de plaisir à lire tes commentaires ! Oui les Alpes de Haute Provence restent dans la liste des prochaines destinations…
      Oh oui c’est pas facile quand les enfants quittent le nid… Merci de ton passage, bises.

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